Jeudi 24 mai 2012 4 24 /05 /Mai /2012 00:48

Chaos en Libye

MISRATA AVANT ET APRES

Trop peu de bonnes nouvelles nous parviennent de Libye ces jours-ci. Même les stations satellitaires arabes qui ont soutenu l’intervention de l’OTAN visant à renverser le régime corrompu et dictatorial, évitent à présent de parler des développements sur le terrain. Et quand ils le font, c’est avec beaucoup de discrétion.

Hier, un groupe de miliciens armés a pris d’assaut le siège du gouvernement à Tripoli exigeant le paiement de leurs salaires. Ce groupe était équipé d’armes légères et moyennes. Il s’est engagé dans une bataille avec les gardes, ce qui ne manque pas de susciter d’autres préoccupations en Libye.

Il y a plus de 135 conseils militaires dans la capitale libyenne, où des milices armées délimitent leurs zones d’influence et se battent entre elles, tandis qu’il n’y a ni autorité centrale, ni gouvernement digne de ce nom, en plus de l’absence de sécurité et de la propagation de la corruption à une grande échelle.

La Libye a rejoint le club de la corruption

Les pays occidentaux sont intervenus pour renverser le régime et ont prétendu empêcher un massacre par Kadhafi dans Benghazi. Cependant, la question est de savoir pourquoi l’Occident se distancie aujourd’hui de la Libye, alors qu’il aurait pu mettre en place une armée nationale, des forces de sécurité, des hôpitaux, de nouvelles institutions et un système judiciaire indépendant ?

Ce qui préoccupe en priorité l’Occident, c’est de laisser les taux de production de pétrole en Libye (1,3 million de barils) retrouver les niveaux de production d’avant la chute de Kadhafi, et d’assurer un flux continu de pétrole vers les raffineries de l’Ouest. Leur volonté de rester à l’écart de la Libye l’atteste.

Les accusations selon lesquelles l’Occident et les États-Unis d’Amérique, en particulier, ont remplacé la dictature par le chaos, sont fondées. Nous l’avons constaté en Libye comme en Irak. Ces deux régimes ont été renversés par l’Occident par une intervention militaire.

Pourquoi 20 000 Libyens doivent-ils aller suivre un traitement médical à l’étranger ? Pourquoi y a-t-il des centaines de médecins libyens qui travaillent dans les plus grands hôpitaux d’Europe occidentale, d’Amérique et du Canada ? La Libye a de l’argent et reçoit 60 milliards de dollars US par an pour ses revenus pétroliers. Alors, pourquoi l’Occident n’installe-t-il pas un hôpital pour le traitement des Libyens dans leur pays ?

La Libye, ces jours-ci, a rejoint le club de la corruption financière et politique, exactement comme l’Irak, et il détient peut-être un rang plus élevé que l’Irak à cet égard. Le ministre libyen des Finances a démissionné de son poste en signe de protestation contre le pillage des fonds publics. Il avait demandé que les avoirs libyens à l’étranger soient débloqués, plutôt que de les voir transférés de la Libye vers des comptes bancaires européens.

Garder le silence à propos de cette situation est un crime. Le peuple libyen qui a renversé le régime de Kadhafi doit se révolter contre cette situation désastreuse et contre ceux qui ont corrompu leur pays et ont effacé le rêve de la sécurité, de stabilité, de la prospérité et d’une gouvernance démocratique.

Les Libyens sont censés se rendre aux urnes d’ici un mois afin de voter pour un parlement. Cependant, il n’y a aucune indication que les élections auront lieu à la date prévue. Cela est dû à la faiblesse du Conseil national qui représente un trop faible pouvoir exécutif et législatif et qui échoue lamentablement à gérer les affaires du pays.

Le Conseil national reste toujours aussi confidentiel et n’intègre aucune nouvelle personnalité. Son président et ses membres ont essayé à deux reprises de renverser le gouvernement el-Keeb et la troisième est en cours. Le chaos est la seule certitude qui reste au pays.

La Libye fonctionne actuellement sur deux modèles : celui des milices armées et celui des groupes islamistes militants. Il n’y a aucune vision claire de la situation du pays, que ce soit après un an, à deux ou même à cinq ans. Par ailleurs, il n’y a pas non plus de dirigeants compétents qui puissent prendre en charge la direction des affaires.

Les Libyens se sont révolté

pour l’amour de la justice

Nous avions l’habitude de nous moquer des lois étranges de Mouammar Kadhafi, comme l’abolition de l’armée, l’interdiction de la formation de partis politiques ou de tribunaux d’appel. Cependant, il semble que la philosophie de Kadhafi et ses lois soient toujours en cours, appliquées d’une manière illégale, offensante pour l’Islam et les musulmans.

Mustafa Abdul Jalil, le Président du Conseil national a émis des lois accordant l’immunité aux révolutionnaires pour les crimes commis pendant la révolution, criminalisant aussi toute critique contre la révolution et les révolutionnaires. Ces lois ont suscité des protestations de tous les organismes de défense des droits de l’homme dans le monde entier.

Abdul Jalil dirige un conseil provisoire qui n’a pas le droit de décréter de telles immunités. Celui qui commet un crime de viol, un meurtre ou des actes de torture est un criminel et doit être jugé en tant que tel devant la justice et recevoir un châtiment mérité, qu’il soit un partisan de la révolution ou de l’ancien régime.

Les libyens se sont révoltés pour l’amour de la justice, pour la démocratie et pour disposer d’un vrai gouvernement, et non pas pour un duplicata ou une version encore pire de ce qu’ils ont connu.

En Libye, il y a des centres de détention mis en place par les milices qui arrêtent, torturent, tuent, violent des milliers de personnes accusées de soutenir l’ancien régime. Les rapports des organisations des droits de l’homme, dont Médecins Sans Frontières, Amnesty International et Human Rights Watch mentionnent de telles pratiques dans les détails. Par ailleurs, Médecins Sans Frontières s’est retiré de Misrata et a interrompu toutes ses activités en signe de protestation contre le viol et les actes de torture commis par les milices et leurs partisans dans une absence totale de droits.

Les révolutionnaires ne sont pas au-delà de la critique et ils n’ont pas droit d’être au-dessus de la loi, parce que ceux qui sont torturés sont aussi des Libyens et des compatriotes. Si le régime actuel ne parvient pas à assurer la coexistence entre les personnes d’un même pays et à maintenir la loi et l’ordre, alors à quoi sert une révolution ?

La haine de Sarkozy

envers les Arabes et les musulmans

L’Occident qui a organisé le changement de régime en Libye tient la majeure responsabilité de cette catastrophe. En l’ignorant, l’Occident prouve que sa principale préoccupation est le pétrole et le pillage des richesses du pays, tout en encourageant la corruption et en semant le chaos, allant même jusqu’à démanteler l’unité géographique et démographique du pays.

La Libye est confrontée à un sort incertain et les mouvements séparatistes se renforcent en raison de la faiblesse du Conseil de transition et l’absence d’un gouvernement central fort capable de faire face à cette situation désespérée.

Nous espérons entendre maintenant ceux qui ont critiqué les avertissements selon lesquels la Libye sera entraînée dans une situation similaire à celle de la Somalie - je parle de ceux qui nous ont dit que le nouvelle Libye sera différente et une sorte de modèle. Pourquoi sont-ils silencieux maintenant ?

Cette dégringolade concerne directement Sarkozy qui a prétendu être loyal envers la Libye, bien que sa haine envers les Arabes et les musulmans soient connue, comme sa volonté de piller la richesse pétrolière du pays sous couvert d’apporter la démocratie et les droits de l’homme.

Cette démocratie et ces droits de l’homme ont été mis de côté lors de sa campagne présidentielle qui s’est concentrée sur le racisme anti-immigrés - dont beaucoup sont originaires du Maghreb - et l’interdiction de leur venue en France, .

Il n’y a pas de regret à avoir face à la chute de Khadafi, mais le peuple libyen mérite un autre présent et un meilleur avenir que ce à quoi nous assistons aujourd’hui.

* Abdel Bari Atwan est palestinien et rédacteur en chef du quotidien al-Quds al-Arabi, grand quotidien en langue arabe édité à Londres. Abdel Bari Atwan est considéré comme l’un des analystes les plus pertinents de toute la presse arabe.

Source : afrique-asie.

 

Par afrohistorama, Toute l'histoire sans histoire
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Jeudi 24 mai 2012 4 24 /05 /Mai /2012 00:47

Libérez Gbagbo ! La nouvelle Vidéo de Komandant Simi OL à relayer d'urgence :

              



http://www.youtube.com/watch?v=Jz0KXYq5l8g

 

La crise ivoirienne qui s’est soldée par l’intervention de l’armée française et le kidnapping du président Laurent Gbagbo, est un point fort de la guerre de civilisation à laquelle nous assistons. C’est une guerre qui date de depuis l’Antiquité et qui est remise au goût du jour sous une forme de guerre totale, menée sur le plan économique politique, médiatique, militaire, mais aussi sur le plan psychologique, culturel et spirituel, impliquant le viol de notre imaginaire. Et dans cette guerre de civilisation, cette guerre totale, l’Afrique est la proie la plus facile.

 

Et là, j’applaudis avec un zeste d'amertume les occidentaux, ceux-là qui se revendiquent d’une certaine communauté internationale, parce qu’ils ont fait fort dans leur génie machiavélique. Ils ont réussi une telle corruption spirituelle collective des Africains au point de les mettre les uns contre les autres, afin de faciliter leur conquête. Il est vraiment déplorable de réaliser que des gens peuvent avoir du zèle meurtrier contre leurs semblables, par le seul fait de savoir qu’ils sont soutenus par des occidentaux. Alors que par référence à notre culture de sagesse ancestrale et millénaire, on aurait pu s’assoir et discuter. On aurait pu s'assoir et recompter les voix comme l'a si bien proposé le président Laurent Gbagbo.

 

Il va falloir expliquer à nos enfants, pourquoi le modèle démocratique ivoirien, entièrement calquer de celui de la France devrait-il exceptionnellement se soumettre aux décisions d’une certaine Commission Electorale Indépendante soutenue par des puissances étrangères, alors que toutes les démocraties du monde valident le résultat final des élections présidentielles sur les bases du conseil constitutionnel.

  On est ici dans une telle contradiction, une espèce de dichotomie démocratique, un désordre insoutenable. Et ce désordre se résume par ce que nous nous accordons tous à appeler le plus long coup d’Etat de l’histoire, déclenché depuis l’accession de Laurent Gbagbo au pouvoir en 2000.

Le nombre de prisonniers politiques de morts et de réfugiés comptés par milliers dans cette crise, traduisant le drame d’un peuple considérablement formé aux idéaux souverainistes du président déchu, emprisonné et en attente des instances de la cour pénale internationale, fait de la question de la réconciliation une problématique assez lourde, voire impossible de résolution dans de conditions défavorables. Par conséquent, cette impasse perceptible dans le processus de réconciliation, fait de la question de la justice, le point névralgique de la situation actuelle de la crise. Une crise qui, submergée par la désinformation, se refuse toujours de dire son nom, afin de dissimuler les besoins de crimes inassouvis et permanents du régime en place, face à son grand défi de spoliation néo-coloniale. En somme il n'est pas délirant de dire que la condamnation du président Gbagbo est un bon moyen de tuer l'espoir d'un retour à la paix, dans ce pays bien meurtri par les atrocités politiques, régies par le colonialisme français imbriqué dans un nouvel ordre international ultra vampiriste.

 

Faute de lieu de crime sur son peuple, après d’épuisantes années de résistance à ce qui ressemble plutôt à un complot international acharné contre sa politique progressiste, l’ex-président de la République de Côte d’Ivoire attend d’être entendu en justice comme le parfait bouc émissaire, pour des crimes commis par ses impitoyables adversaires politiques. Ayant bien entendu miraculeusement échappé à la mort, suite à des attaques militaires de la France « sarkoziste », en appui à des rebelles « ouattaraistes » désorganisés… Résumé d’une situation de crise qui donne froid au dos, au vu du nouveau virage que prend le sens de la justice dans le monde.

 

L'Afrique ne peut plus se permettre de livrer ou abandonner ses dignes fils, à l'abattoir des ardeurs néocolonialistes inter-générationnels et multiformes, au péril de son processus de Renaissance. L'africain nouveau doit maintenant accomplir son élévation spirituelle en se livrant à la tâche impérieuse de la mise en fondation des premières pierres de l'édifice de sa souveraineté, guidé par son sens le plus absolu de la solidarité.

 

Tous à la Haye le 18 juin 2012 pour la libération de Kodou Laurent Gbagbo !

Et que vive enfin la Côte d'Ivoire ! Et que vive enfin l'Afrique ! 

 

Komandant Simi OL

Etat Major de la Balistique Sonore.

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Jeudi 24 mai 2012 4 24 /05 /Mai /2012 00:39

Coup d’Etat au Mali : La fin d’un mythe

amadou toumani Toure

Le président déchu du Mali, qui voulait dédouaner les militaires, avait dit au sommet de sa gloire que les coups d’Etat étaient la conséquence de la faillite des politiques. Il n’avait jamais pensé que cela pouvait lui être appliqué un jour surtout à quelques semaines de la fin de son mandat. Triste destin que celui d’un homme dont la réputation « démocratique » avait été surfaite. Il suffit de faire le bilan de son parcours pour s’en convaincre.

Les occidentaux, pour les besoins de la nouvelle cause démocratique qu’il avait façonnée pour l’Afrique, après avoir soutenu des décennies durant les coups d’Etat et dictatures sanglantes qui avaient essaimé le continent, décidèrent de breveter des hommes et des régimes sortis de leurs laboratoires politiques en les érigeant en modèle de démocratie en Afrique. ATT en a été longtemps le porte flambeau.

On fit croire à son renoncement volontaire à exercer le pouvoir à la fin de la Transition au Mali en 1992. On falsifia le fait que la chute du régime de Moussa Traoré intervint à la suite de luttes populaires héroïques de la part des Maliennes et des Maliens et que l’armée ne retournera qu’à la dernière minute les armes contre le régime que pour sauver les meubles. C’est dans ce contexte politique que le puissant mouvement démocratique d’alors lui a imposé la fin de la transition malgré la réticence de certains militaires et hommes politiques d’alors. ATT comprit rapidement que le rapport de force ne lui était point favorable. Il accepta de reculer pour mieux sauter. La gestion hasardeuse du pouvoir par Alpha Oumar Konaré lui fit un boulevard pour revenir au pouvoir, paré cette fois-ci de la victoire au sortir des urnes. Le manteau démocratique lui fut taillé sur mesure.

Très rapidement il dilapida l’immense capital de sympathie et de popularité qu’il avait su acquérir auprès des Maliens, même si l’opinion publique internationale continuait à lui tresser des lauriers. Le bilan de sa gestion du pouvoir fut une calamité pour le Mali : mauvaise gouvernance, gestion patrimoniale du pouvoir, gabegie, corruption généralisée, impunité, discrédit général de l’Etat, affairisme politique, faillite morale… La liste est longue. Les Maliens, un peuple si fier de son histoire et de ses valeurs de civilisation finirent par baisser la tête. On avait désormais honte d’être Malien.

ATT avait créé autour de son régime un véritable clan de prédateurs qui avaient fait main basse sur les institutions politiques et les secteurs juteux de l’économie. Il fabriqua une majorité politique en achetant les leadeurs politiques de l’ancien parti majoritaire, l’ADEMA, et ses démembrements, le RPM et l’URD. La sauce fût agrémentée avec d’autres partis comme le CNID, son revers le PARENA et toute une flopée de partis alimentaires créés à l’occasion, comme le Mouvement Citoyen et dernièrement le PDES.

Il fabriqua à plein régime toute une caste de généraux et d’officiers supérieurs tout aussi voraces qu’incompétents. Faute de bataillons, de compagnies, de brigades et de corps d’armée à commander, il multiplia des postes au sein de l’appareil administratif de l’Etat en guise de prébende. Presque à l’improviste, l’administration du pays fut militarisée avec la complicité de la classe politique dans sa grande majorité. De nombreux cadres firent la politique du ventre. L’accès aux postes de responsabilité fut conditionné à l’aptitude à devenir un courtisan plat et vide. Les media publics devinrent les instruments de la griotique officielle pour soigner l’image internationale d’un tyran que détestait son peuple, tandis qu’à l’extérieur du pays il continuait à faire illusion.

Sa gestion des enlèvements d’otages occidentaux, son laxisme face à AQMI, sa complicité souvent insinuée par la presse occidentale quant au trafic de drogues et autres activités maffieuses dans le Sahel finirent par le rattraper. Critiqué par ceux qui l’avaient fabriqué et lâché par ses amis occidentaux, il fût obligé de croiser le fer avec le MNLA sous la pression populaire. Soupçonné par les siens d’être de mèche avec la rébellion, il biaisa comme d’habitude. Les « replis tactiques » successifs, les massacres de Aguelhoc et la déroute de Taoudénit firent par sceller son destin.

A l’analyse des faits, le coup d’Etat était inévitable. Aux raisons évoquées s’ajoute la volonté déguisée de ne pas quitter en réalité le pouvoir tant les intérêts en jeu étaient colossaux. Ceux qui en avaient fait leur parrain le pressaient de prolonger son mandat. Arguant de sa popularité on lui fit croire qu’il était indispensable. Le coup d’Etat intervenu au Niger voisin brisa leur élan. Le projet de referendum populaire pour relecture de la Constitution aux fins de réviser le nombre de mandat fut rapidement enterré. La pression internationale de ses amis occidentaux déçus par sa roublardise fit le reste. On lui signifia nettement qu’il devait quitter la scène. On lui tressa de nouveau des fleurs déjà fanées de démocrate exemplaire.

Mais visiblement ATT n’avait pas dit son dernier mot. La préparation des élections fut bâclée. Le processus électoral était devenu un véritable champ de mines. Les appétits voraces des prétendants au pouvoir, tous pressés et certains de l’emporter à coup sûr fit le reste. Les contestations violentes des résultats électoraux étaient désormais inscrites à l’ordre du jour. Les débordements et la pagaille qui devaient s’en suivre serviraient de prétexte à ses généraux à l’affût pour reprendre la main. Tel était le schéma machiavélique qu’il avait tissé.

La mutinerie du 21 mars déjoua complètement le complot manigancé contre son propre peuple. Le régime s’effondra comme un château de sable. Les insurgés étonnés par la facilité avec laquelle ils s’emparèrent du pouvoir furent les premiers surpris. Les actes qu’ils posèrent relèvent d’une improvisation évidente.

Face à une telle situation, la réponse des institutions africaines et internationales furent classiques : condamnation du coup d’Etat, exigence de restauration de l’ordre constitutionnel, suspension des aides, etc. Certains partis politiques de la place, éternels complices de ATT s’en firent l’écho comme il fallait s’y attendre. On sait depuis belle lurette qu’ils ne représentent qu’une minorité vorace comme des requins, largement discrédités par leurs pratiques connues de l’opinion publique nationale. Continuer à présenter le régime ATT comme démocratique constitue une insulte à l’endroit du peuple malien qui a enduré tant de choses sous l’ère ‘démocratique’ à tel point que certains courants en son sein n’hésitent plus à dire qu’ils regrettent la période de dictature de Moussa Traoré. La ‘démocratie’ est elle pire que la dictature ? Question hallucinante que les Maliens se posent désormais.

Déjà des schémas sont esquissés. ‘Gouvernement d’union nationale’ chantent déjà certains courants politiques soutiens bruyants de ATT hier et membres de la majorité sortante. En aucun moment, au plus fort de la crise au nord, ils ne posèrent un acte patriotique, résolus qu’ils étaient à cautionner le régime déchu. Reprendre les mêmes et recommencer la même chose c’est perpétuer le système ATT sans ATT.

Le redressement de la démocratie malienne et la restauration de l’Etat passent nécessairement par une période de transition dirigée par des patriotes sincères n’ayant aucunement trempés dans la gabegie actuelle. Eux seuls sont à même de nettoyer le pays et de le remettre sur les rails. Il faut tourner définitivement la page de la classe politique actuelle, faire appel à des hommes neufs et intègres et redéfinir un nouvel espace à la vie publique en changeant de façon novatrice les conditions mêmes de l’exercice démocratique au Mali. C’est la seule façon pour le Mali de renouer avec l’Histoire.
Issa Ndiaye
Source : PAMBAZUKA NEWS



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Jeudi 24 mai 2012 4 24 /05 /Mai /2012 00:33

Me Roste BAR HEIM, avocate à la CPI, au cœur d’un réseau de faux témoignages contre Gbagbo en Israël. Les 600 preuves d’Ocampo seraient montées de toute pièce.

LaurantGbagbo

 

Le 21 mai 2012 par IVOIREBUSINESS – L’information fait froid dans le dos et montre qu’à l’approche du 18 juin prochain, date de l’audience du Président Laurent Gbagbo à la CPI, la panique s’est emparée du camp Ouattara et du procureur Ocampo, dont la partialité et la collusion avec le camp ADO-SORO, ne sont plus à démontrer.

 

Le Président Laurent Gbagbo le 05 décembre 2011. 

 

En effet, un réseau de faux témoignages est à l’œuvre depuis plusieurs mois à Tel Aviv et Jérusalem en Israël, pour porter des accusations mensongères contre le Président Laurent Gbagbo, moyennant des espèces sonnantes et trébuchantes.

Selon une source très crédible, niveau A1, une avocate inscrite à la CPI du nom de ROSTE BAR HEIM
dont les bureaux à Tel Aviv sont au 216, BINIAN SHAR HAIN 3rd floor-barhaim law office, et qui peut être jointe au (00972)0525504368 a mandaté un pasteur ivoirien vivant en Israël dans la ville de Jérusalem pour mettre sur pied ce réseau de faux témoignages contre Laurent Gbagbo à la CPI. Elle agirait pour le compte du procureur Luis Moreno Ocampo.

C'est le pasteur ivoirien Bernard Abé Ettien qui a été chargé par Me Roste Bar Heim de rencontrer les réfugiés ivoiriens en Israël pour produire de faux témoignages contre Laurent Gbagbo, moyennant une somme importante et l’assurance que leur demande d'asile serait acceptée par les autorités israéliennes. Un accent particulier a été mis par Me Roste et son acolyte Bernard Abé Ettien, afin que les témoins choisis soient tous originaires du Sud de la Côte d’Ivoire, afin qu’aux yeux de la CPI, ils apparaissent crédibles.

Pour mieux convaincre les faux témoins, le pasteur Abé leur a affirmé que les autorités israéliennes ont donné leur accord pour que ces faux témoignages accablants contre Laurent Gbagbo soient produits.

Une fois tous convaincus et bien briefés, Me Roste BAR HEIM les a rencontrés et leur a fait remplir un formulaire de la CPI intitulé  « FORMULAIRE POUR LES PERSONNES PHYSIQUES. DEMANDE DE PARTICIPATION AUX PROCEDURES ET DEMANDE DE REPARATIONS DEVANT LA CPI POUR LES VICTIMES – PERSONNES PHYSIQUES ».

Ce sont tous ces témoignages pris entre le 15 et le 30 avril 2012 par Me Roste Bar Heim et Bernard Abé Ettien, qui forment l’essentiel du dossier des 600 preuves accablantes remises le 18 mai dernier par le juge Luis Ocampo Moreno à la CPI.

En effet, c’est une véritable batterie de soi-disant preuves, comprenant un peu plus 600 éléments, que le procureur de la Cour pénale internationale, Luis Moreno-Ocampo a remis le vendredi 18 mai 2012, à la défense de Laurent Gbagbo, à moins d’un mois de l’audience de confirmation des charges.

Cette remise de fausses preuves fait suite à une décision rendue le 24 janvier 2012 par la Chambre Préliminaire III de la Cpi. Elle ordonnait au Procureur Ocampo de divulguer le Document Contenant les Charges ( DCc) le 16 mai 2012 au plus tard.

Comme on le voit, ce sont donc un ramassis de fausses preuves de toute nature, notamment, audiovisuelles, photographiques et autres qui, ont été concocté par Luis Moreno Ocampo, qui ne produira pas de témoins physiques, chose bizarre, le 18 juin prochain à la barre.

Nul doute que nous reviendrons sur ce énième complot contre le Président Laurent Gbagbo.

Christian Vabé

 source : ARMADA

 

 

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Mardi 22 mai 2012 2 22 /05 /Mai /2012 02:21

 UPC: Que vaut l'union des néo-collabos avec les "mouvementistes"? par Emeh Elong
Cameroon1

Après la disparition de l’‘’illustre’’ collabo Augustin Frédéric Kodock (paix à son âme) et la perspective des échéances politiques, une redistribution de cartes au sein de l’Upc agrippée au Rdpc n’est que la norme pour officialiser leur nouveau ‘’Pétain’’. Mais parler de l’unité de l’Upc, comme une question nouvelle et surtout avec le renfort des transfuges ‘’mouvementistes’’ de l’Upc des Fidèles, ne peut que faire sourire les observateurs avertis !  Cela renchérit, bien sûr, l’utilité de repréciser l’origine des divisions au sein de l’Upc et ses aboutissants, et souligner avec force que les Upécistes véritables n’attendent nullement aucun ‘’sauveur‘’, surtout de moralité politique douteuse, fût-il un dinosaure des luttes de libération au Kamerun… Mieux,  il est bon de se demander aujourd’hui, au-delà de sa puissance historique et ses idéaux fondamentaux, si l’Upc, telle qu’elle se présente actuellement, peut continuer à représenter une espérance pour les Kamerunais ?

Il est inutile de faire croire aujourd’hui, aux Kamerunais, surtout à la jeunesse, que les divisions ou les tendances dans l’Upc sont un problème accidentel, comme l’affirme faussement le Pr Daniel Abwa : « L’histoire des tendances à l’Upc remonte surtout après la mort de Um Nyobè qui était l’unificateur de ce mouvement » (1), ou bien une question de la qualité des personnes au sein du Mouvement nationaliste. Car, le Pr Daniel Abwa continue : «  Tous ceux qui ont voulu le remplacer (Um Nyobè) n’avaient ni le charisme, ni le niveau de patriotisme et l’abnégation qui pouvait leur permettre de rassembler, sans créer de clivages entre les militants » (2).

Car, lors de  la création de l’Upc le 10 avril 1948 à Douala, l’Administration coloniale et fasciste française a mis tous les moyens pour briser ce qui deviendra l’âme du peuple Kamerunais. Puisque, selon Richard Joseph : «Finalement le 09 avril 1948, l’Administration, faute de preuves tangibles des agissements nocifs du nouveau groupe, et coincé entre les termes de la Constitution Française et les pressions du RDA et les parlementaires communistes à Paris, accusa officiellement réception des statuts de l’Upc, ce qui équivalait à la reconnaissance légale » (3).

 Ainsi dès sa naissance, l’Upc a été la cible de toutes sortes de manœuvres de déstabilisation de la part de l’Administration coloniale afin de l’empêcher de fonctionner normalement. Des manœuvres allant de la dispersion à travers le territoire de tous les cadres upécistes  fonctionnaires, à la création des partis politiques fantoches, des ‘’oppositions africaines’’ devant s’opposer à l’Upc, en passant par le chantage, la corruption et enfin la persécution des militants. Ainsi, après son premier Congrès tenu en Avril 1950 à Dschang, la Direction élue fut, aussitôt, l’objet d’arrestations et de procès ignobles (4). 

 Dès lors, Um Nyobè est amené à constater ‘’ qu’au moment où se réunit le deuxième congrès de l’Upc, plus de la moitié des membres du Comité Directeur élu par le congrès de Dschang ont abandonné la lutte’’ (5).

 L’escalade déstabilisatrice programmée afin de détruire l’Upc ou la rendre inoffensive se poursuivra par les mémorables massacres des patriotes Kamerunais en Mai 1955 ; ensuite vint la création de toutes pièces d’un prétendu trio de Kumba (l’aile dure et communiste bamiléké de l’Upc : Moumié (Bamun), Kingué et Ouandié) opposé à Um Nyobé ‘’le modéré basaa’’.  Le colonialisme français ayant attendu en vain l’implosion du quatuor dirigeant de l’Upc, le Mouvement de libération kamerunaise connut alors sa toute première division ou dissidence de son histoire: le ‘’Manifeste des scissionnistes’’ parut le 1er mai 1957. Même cela fut une tempête dans un verre d’eau.

Enfin, les colonialistes et fascistes français sortirent l’arme redoutable qui permit la trahison et l’assassinat de Ruben Um Nyobé, le 13 septembre 1958. Et évidemment, la mise en place d’une Upc ‘’légale’’ et sage dirigée par Mayi Matip, qui accepta les conditions de l’Administration française contre l’Upc authentique, dirigée par Moumié, Kingué et Ouandié, la direction élue au dernier congrès d’Eséka en 1952.

Alors, qu’on cesse de rebattre les oreilles des crédibles kamerunais : l’Upc n’est pas plus divisée aujourd’hui qu’hier. Les divisions ne sont qu’une arme cinquantenaire des ennemis irréductibles du Mouvement nationaliste et leurs suppôts.

Précisons que : la déstabilisation et la destruction qui étaient programmées hier par des colonialistes français, ont été naturellement reprises par les pouvoirs politiques Kamerunais néocoloniaux. Mais, les méthodes ont changé : la règle d’assassinat qui était de mise hier est devenue celle de faire pourrir l’Upc de l’intérieur, en assignant à d’autres compatriotes ‘’Upécistes’’, qui également y trouvent leur compte, le rôle et le travail de perturber la mission nationaliste, anti-néocolonialiste et de progrès de l’Upc, et en même temps, de brouiller l’image de l’Upc  authentique  auprès des masses populaires…

Ainsi, les divisions et les tendances de l’Upc ne sont point une question de leadership, encore moins celle des égos des dirigeants, mais un problème d’orientation politique. Ainsi, tous les remous observés ne sont que des luttes politiques qui sont l’expression d’un choix entre la continuation du combat libérateur du Kamerun contre les spoliateurs autochtones et le néocolonialisme, ou le sabordement de l’Union des Populations du Cameroun en un instrument entre les mains des liquidateurs de notre cher pays.

Au mieux, cet état de fait dérive d’une situation politique structurelle, et non des faits conjoncturels, relative hier au colonialisme qui ne tolérait aucune volonté nationale réelle de libération des peuples coloniaux ; et aujourd’hui, il intimement lié à la nature des régimes politiques de dictature néocoloniale. Car, il faut à la dictature néocoloniale africaine, dans son incapacité de produire librement des programmes et une espérance aux masses populaires, elle fausse le jeu ‘’démocratique’’, en embrigadant les forces politiques selon son choix, d’où le pouvoir de l’Administration sous la coupe du Rdpc, d’accorder ou de refuser aux partis politiques, la liberté d’exercer officiellement et librement dans la vie politique de la Nation.

Ainsi, hier le colonialisme créa les ‘’oppositions africaines’’ qui s’opposèrent aux véritables patriotes africains, afin d’installer le néocolonialisme. Aujourd’hui, les pouvoirs politiques dictatoriaux néocoloniaux, s’appuient sur les partis politiques fantoches pour leur survie politique.

Quel avenir pour l’UPC ?

Il y a eu beaucoup d’effervescence autour des Upc ces derniers temps. L’Upc des Fidèles a tenu  son Congrès statutaire en renouvelant sa direction politique et a précisé ce que doit être l’Upc :

 « 1- (…) Le parti des classes et des couches exploitées (…), auxquelles s’ajoutent des patriotes kamerunais ayant fait le choix de lutter pour les intérêts des classes exploitées.

2- L’orientation de l’Upc doit être progressiste, anti-impérialiste et panafricaniste.

Elle répond à deux exigences :

1ère exigence : Les grands moyens de production et d’échange doivent être la propriété de la nation entière. Ce qui exige notamment les nationalisations et l’extension du secteur public.

2ème exigence : Les producteurs et les salariés d’une façon générale doivent être impliqués dans la gestion des unités de production et de services.”

 Par ailleurs, l’Upc-Kodock, rejoint par la tendance Hogbè Nlend et quelques transfuges de l’Upc des Fidèles a tenu, elle aussi, un Congrès extraordinaire et unitaire à Douala. Là également, une nouvelle direction a été présentée, avec la social-démocratie comme orientation politique.

Mais, au même moment, une autre partie de l’Upc-Kodock qui a contesté ce Congrès  en tint un autre, d’où sorti une direction différente.

A propos de ces deux congrès, un responsable de l’Upc des Fidèles s’interrogea : « On se demande quel était le but recherché à travers ce congrès, puisque ce congrès, loin de rassembler, a plutôt atomisé cette UPC gouvernementale. » (6).

Dans ce cafouillage, émerge à répétition et avec intempérance, au-delà de certaines vérités, la voix de  ‘’l’illustre dernier dirigeant et grand combattant des maquis de l’Upc’’, qui hier quitta, le parti sans  rendre compte, jusqu’aujourd’hui, des vraies raisons de son départ volontaire ou obligé de l’Upc combattante et clandestine. Et à son retour surprenant au Kamerun, Woungly Massaga fut le chantre de Paul Biya. Nous souhaitons, lui rappeler que ce n’est pas seulement par des mérites intellectuels, combatifs ou militants que les dirigeants upécistes ont été érigés en héros nationaux. Mais, surtout pour leur moralité politique…

Enfin, que l’illustre ‘’formateur et maître’’ se rappelle de ces paroles de la Sainte Bible: ‘’ Le disciple n’est pas plus que le maître ; mais tout disciple accompli sera comme son maître’’ (7).

Au-delà de tout cela,  la vraie question aujourd’hui est de savoir si les Upc, hormis certains de leurs fondamentaux, représentent encore un rêve libérateur pour le Kamerun ? Car, c’est là l’essentiel des préoccupations des Kamerunais !

 Nous en doutons fort. Car au lieu de continuer à claironner comme Woungly Massaga et d’autres: “l’Upc est la seule force sur laquelle notre peuple peut et doit compter pour que l’après-Biya ne soit pas une nouvelle succession d’années ou pire de décennies de dictature” (8); il est indiqué de s’interroger, si en tant qu’organes politiques, ces Upc ont un impact sur l’évolution, les contradictions ou les combats des Kamerunais, aujourd’hui, malgré les contingences socio-politiques réelles ?

Ainsi, ce n’est pas l’union des forces qui ne seront jamais des blocs cohérents et puissants parce que n’étant pas semblables, qui rassembleront le peuple pour marcher vers la victoire, puisque, certaines des Upc ont été créées pour être assignées à des tâches structurelles de la dictature néocoloniale Rdpc, que Woungly Massaga a servi aussi (s’il ne continue plus) à un moment donné. Et en passant, ces collabos  perçoivent des prébendes escomptées.         

Alors, que des transfuges  “mouvementistes” des Fidèles et autres rejoignent les néo-collabos, malgré la sincérité de quelques-uns, le fondement de l’existence des Upc primera, malgré eux ...    

Alors, d’où viendra l’espérance libératrice ?

Les véritables patriotes de tous bords dans tous les organes politiques, des associations civiques et les masses populaires qui ressentent la nécessité d’un autre Kamerun doivent investir ardemment le champ socio-politique. Car le fond du problème de l’Upc comme celui du Kamerun d’ailleurs, au-delà des atavismes, demeure celui d’une libération réelle de la dictature néocoloniale.

    

                                                                                          David Ekambi Dibonguè

Article à paraitre dans le prochain n° de Camaroes

-1- Messi Bala, Pr Daniel Abwa : ‘’L’UPC souffre de l’absence de Um Nyobè’’ in Cameroon Tribune du jeudi 29 mars 2012. P, 9

- 2- Ibid.

-3- Richard joseph, Le mouvement nationaliste au Cameroun. Les origines sociales de l’UPC. Editions Karthala. P,  112

- 4- Lire ‘’ La Voix du Kamerun’’ n°5- Mai 1950

- 5- R. Um Nyobè, Rapport au Deuxième Congrès de l’Upc à Eséka, in Ecrits sous maquis. Editions L’Harmattan. P.80

-6-Théodore Tchopa, H. Ham Ekoué : ‘’ L’UPC gouvernementale atomisée’’ in Le Jour n°1154 du vendredi 23 mars 2012, p, 4

- 7- La Sainte Bible ; Luc : 6,40

-8- Woungly Massaga, L’état actuel de l’Upc.

 

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